Face aux exigences croissantes de performance et aux attentes évolutives des usagers, l’administration publique sénégalaise peine encore à moderniser sa gestion des ressources humaines. Et comme le souligne M. Abdoulaye Diallo, Docteur en Sciences de Gestion et du Management, dans une contribution parue dans WalfQuotidien de ce mercredi, malgré quelques réformes engagées ces dernières années, la fonction RH demeure largement cantonnée à des tâches administratives, loin des standards contemporains de management public.
Recrutement peu aligné sur les valeurs du service public, politique de rémunération peu attractive, progression de carrière marquée par des disparités, systèmes d’évaluation peu transparents, gestion défaillante des compétences et absence de plans de formation structurés : les dysfonctionnements sont nombreux. Ils affectent directement la motivation des agents, la rétention des talents et, in fine, la performance globale de l’administration.
Selon le spécialiste en management stratégique, ces pratiques traduisent une fonction RH « atrophiée et mal reconnue », incapable de jouer pleinement son rôle de levier stratégique. La mauvaise identification des compétences clés, l’inadéquation des formations et les lourdeurs procédurales compromettent l’optimisation du capital humain, pourtant principal moteur du service public.
Pour relever ce défi, plusieurs pistes s’imposent, d’après Dr Diallo également Enseignant-Chercheur en Management stratégique des Organisations. La digitalisation des processus RH apparaît incontournable afin de libérer du temps pour des missions à forte valeur ajoutée. Des outils comme la gestion automatisée du temps de travail permettent non seulement de gagner en efficacité, mais aussi d’instaurer davantage de transparence et de confiance.
Parallèlement, poursuit-il, l’investissement dans le développement des compétences, le bien-être et l’engagement des agents devient une priorité stratégique. Formation continue, évaluation régulière des compétences, flexibilité organisationnelle et reconnaissance professionnelle sont autant de leviers susceptibles de transformer de façon durable la culture administrative, croit savoir Dr Diallo.
Enfin, le suivi rigoureux d’indicateurs RH et le recours à des approches innovantes, comme le management socioéconomique, pourraient, à son avis, accompagner la revalorisation de la fonction RH. À ce prix, l’administration publique sénégalaise pourra faire de ses ressources humaines un véritable moteur de performance et de modernisation, conclut-il.
