À l’occasion de la 9ᵉ Conférence du Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles (RAPDP), tenue du18 au 21 mai à Abidjan, le président de la Commission de Protection des Données Personnelles, M. Ousmane Thiongane, a plaidé pour un renforcement de la protection des données de santé en Afrique, face à l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle.
Intervenant lors d’un panel consacré à la santé numérique et aux données sensibles, mardi, il a rappelé que le continent est engagé dans une transformation numérique « irréversible », notamment dans le secteur sanitaire, à travers plusieurs initiatives portées par l’Union africaine, Smart Africa et diverses organisations sous-régionales.
Le président de la CDP a insisté sur le caractère hautement sensible des données de santé, dont le traitement reste strictement encadré. Selon lui, leur utilisation ne peut être autorisée que dans des cas précis, notamment avec le consentement du patient, pour des raisons de santé publique ou dans le cadre du suivi médical assuré par des professionnels habilités.

M. Thiongane a également alerté sur les défis liés aux plateformes numériques de santé, aux applications médicales et aux outils d’intelligence artificielle capables d’assister les médecins dans le diagnostic.
S’il reconnaît l’apport de ces innovations, il estime qu’elles soulèvent des enjeux majeurs de confidentialité, de cybersécurité et de souveraineté numérique. « Une grande partie des données de santé africaines est hébergée à l’étranger », a-t-il déploré, appelant les États africains à développer des infrastructures locales sécurisées pour garantir la maîtrise des données sensibles des citoyens.
Enfin, le président de la CDP a souligné que la protection des données personnelles constitue un enjeu de dignité humaine et de confiance numérique, plaidant pour une meilleure sensibilisation des acteurs de santé et un renforcement des mécanismes de régulation.
