Crédit photo: APS
À 35 km de Saint-Louis au Sénégal, la station expérimentale de Ndiaye d’AfricaRice concentre chercheurs et ouvriers agricoles autour d’un objectif consistant à améliorer de manière durable la productivité rizicole en Afrique de l’Ouest. Le Centre, qui couvre sept pays sahéliens, dispose de deux fermes expérimentales (Ndiaye et Fanaye), de laboratoires et d’un centre de formation visités par nos confrères de l’Agence de presse sénégalaise (APS).
AfricaRice, regroupant 28 pays membres, vise à renforcer la sécurité alimentaire en développant des variétés à haut rendement. Grâce à la technique de culture d’anthère, héritée du modèle coréen, le Centre a pu homologuer 59 variétés en 9 ans, un cycle auparavant long de 10 à 12 ans pour une seule variété. Les nouvelles lignées Tongil, issues du croisement de riz africain et asiatique, offrent une meilleure qualité culinaire et une grande stabilité après cuisson.
Le projet RIZAO, financé à 50 millions de dollars (plus de 28 milliards FCFA) par la Fondation MasterCard, vise à revitaliser la filière dans quatre pays ouest-africains. Il prévoit la création de 441 000 emplois, dont 158 000 pour le Sénégal, avec un accent sur les jeunes femmes et les personnes handicapées. Le programme cible les entreprises ayant une capacité de transformation de 1 à 5 tonnes par heure (PME) et jusqu’à 5 tonnes ou plus pour les agro-industriels.
AfricaRice produit des semences de prébase, étape essentielle du système semencier, avant leur transfert au secteur privé pour une production de masse. Selon le Centre, les rendements stagnent encore à 4–5 tonnes/ha, alors que le potentiel peut atteindre 8–10 tonnes/ha. Les nouvelles variétés, tolérantes à la salinité ou aux températures extrêmes, doivent permettre de combler cet écart.
Pour les chercheurs, la souveraineté alimentaire passe d’abord par l’accès à des semences de qualité, adaptées aux défis climatiques et aux besoins des consommateurs.
